extrait de Etre crâne, de George Didi-Huberman

Etre feuille:

Lecture compréhensive et aveugle tout à la fois.

lecture tactile: productrice d’une connaissance intime, rapprochée mais pour cela privée de la distance habituelle à nos objectivation.

Il faut choisir comment on veut connaître. Le point de vue objectif demande de s’éloigner de l’objet, de ne pas le toucher et de regarder. Le contact induit automatiquement que l’objet se dérobe à la vue et devient matière qui nous enveloppe, nous dessaisit de nous-même, ne nous rassasie d’aucune certitude.

G.Penone: » L’image se formait par pression. Je projetais l’image obtenue, je la retraçais dans l’espace, la répétant pour constituer une série d’actions, série qui m’enveloppait totalement. Ce n’était pas pourtant une image trouvée ailleurs. C’était mon corps qui la créait, et moi je créais le geste du toucher (frottement). Une action banale et insignifiante, sans valeur. Du reste, quand je parcourais à nouveau l’image, je ne me fiais à aucune projection.{…} J’en apprenais plus sur mon propre corps que sur la surface du mur. C’était comme marcher dans ma peau et c’était en plus marcher dans la peau de l’espace. »

*****

Empreintes:dos
Empreintes/dos, peinture à l’eau, 2003

 

 

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