Cette nouvelle saison marque un tournant au sein de Mudriam puisqu’elle verra fleurir de nouveaux ateliers hebdomadaires et nouveaux professeurs et confirmer certains ateliers mensuels. Nos Maîtres sur la Voie qui Danse (Raji, Mudra, Carolina Fonseca…) nous offrirons, quant à eux, leurs savoir-être et savoir-faire ponctuellement ou lors de stages et retraites. Venez découvrir ce […]

via Nouveautés Saison 2018-2019 – « Portes ouvertes » 23 septembre 2018 — MUDRIAM, School of Art | Production | Network.

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Extrait de Etre crâne, de George Didi-Huberman

Etre fossile:

Giuseppe Penone , « l’espace a précédé nos ancêtres. L’espace se poursuivra après nous. Fossiliser les gestes sûrement ou probablement réalisés à un certain endroit, réduit l’usage possible de l’espace, mais marque l’espace lui-même.{…} Créer une sculpture, c’est un geste végétal; c’est la trace, le parcours, l’adhérence en puissance, le fossile du geste fait, l’action immobile, l’attente {…} point de vie et point de mort. »

Le devenir-temps  du lieu, le devenir-lieu du temps. Question de sédiments, d’interstices, de contacts. La sculpture serait-elle le lieu où nous touchons du temps?

« C’est en un espace que l’on recueille la valeur du Temps ».

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Espace-Temps-dessin
Espace-temps dessiné, 2003

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extrait de Etre crâne, de George Didi-Huberman

Etre feuille:

Lecture compréhensive et aveugle tout à la fois.

lecture tactile: productrice d’une connaissance intime, rapprochée mais pour cela privée de la distance habituelle à nos objectivation.

Il faut choisir comment on veut connaître. Le point de vue objectif demande de s’éloigner de l’objet, de ne pas le toucher et de regarder. Le contact induit automatiquement que l’objet se dérobe à la vue et devient matière qui nous enveloppe, nous dessaisit de nous-même, ne nous rassasie d’aucune certitude.

G.Penone: » L’image se formait par pression. Je projetais l’image obtenue, je la retraçais dans l’espace, la répétant pour constituer une série d’actions, série qui m’enveloppait totalement. Ce n’était pas pourtant une image trouvée ailleurs. C’était mon corps qui la créait, et moi je créais le geste du toucher (frottement). Une action banale et insignifiante, sans valeur. Du reste, quand je parcourais à nouveau l’image, je ne me fiais à aucune projection.{…} J’en apprenais plus sur mon propre corps que sur la surface du mur. C’était comme marcher dans ma peau et c’était en plus marcher dans la peau de l’espace. »

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Empreintes:dos
Empreintes/dos, peinture à l’eau, 2003

 

 

Un dehors n’existe pas sans un dedans et inversement.

La peau, lieu de l’interférence, conditionne en partie « la maintenance » puisqu’elle participe directement à ses constances (la thermo-régulation). Le « dehors du dedans » (le dermo-épidermique) garantit l’indépendance, y collabore en fonction des données externes qu’il reçoit.

Extrait de La peau, découverte, François Dagognet, éditions Déjà Classique.

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EspaceT-peaux2
Peau: Impression/Expression1, 2003
Espace-Temps:peau
Peau: Impression/Expression2, 2003

« L’invisible est en relation chiasmatique avec le visible, l’invisible n’est connaissable que par des moyens visibles, comme le duende par le geste de la danseuse. Pour Merleau-Ponty, « il n’y a pas de vision sans écran : les idées dont nous parlons ne seraient pas mieux connues de nous si nous n’avions pas de corps et pas de sensibilité, c’est alors qu’elles nous seraient invisibles », « elles sont en transparence derrière le sensible, ou en son cœur ».

L’opposition des termes invisible et visible prolonge l’opposition entre l’essence et l’existence, ou entre l’idée et le fait. Mais cette prolongation est un renouvellement radical, qui dépasse précisemment le rapport d’opposition car il s’agit de critiquer la prétention de séparer l’expérience de l’essence, ou la variation de l’invariant. Cette séparation aboutit, dans la pensée réflexive, à poser, « en face » de l’esprit, le monde réduit à son schéma intelligible, balayant ainsi toute question portant sur leur rapport, qui est désormais de corrélation pure. L’effort de Merleau-Ponty vise à penser ce rapport sous la forme d’un « enjambement » de l’esprit sur le monde et/ou du monde sur l’esprit22 , d’un engrènement du corps et de l’esprit.

Si l’on considère maintenant le touchant, le tangible et la « charnière » qui les articule, alors ce que Merleau-Ponty nomme « la chair » est « ce cycle entier et non pas seulement l’inhérence en un ceci individué spatio-temporellement23 ». La notion de chair s’installe dans l’étoffe commune du corps et du monde. La chair désigne d’un même mouvement : l’être ambigu de notre corps (tangible et touchant), l’être ambigu du monde (visible et invisible), et l’indivision de l’être du corps et de l’être du monde, puisqu’entre ma chair et celle du monde, il y a « correspondance de son dedans et de mon dehors, de mon dedans et de son dehors24 » . Il y a enveloppement réciproque, ou chiasme, entre ma chair et celle du monde. »

extrait de « l’Approche du sens du geste en psychothérapie à travers l’expérience du Duende », par Juliette Allain, interne en psychiatrie, Marseille.

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Espace/corps/Temps, 2006